Et la grande finale!

 

Les Québécois et le trophée

Ce n’était pas une soirée comme les autres qui s’est déroulée ce samedi 20 octobre 2018 au théâtre du Léman. C’est devant quasiment 1400 personnes que le spectacle a eu lieu et que les équipes de Suisse et du Québec ont pu dévoiler leur jeu avec pour la dernière fois, l’arbitre Madame Laure Piguet, la maîtresse de cérémonie Magali Ballif et les deux musiciens, Léon et Steven! La salle était en feu et les spectateurs ultra réactifs avant même le début du show. Après la présentation du fameux trophée, d’un physique intéressant… nous avons pu sentir l’émotion des deux équipes durant leur hymne. L’émotion ne pouvait qu’être forte pour cette ultime soirée après un 26ème mondial haut en couleur, en prestations, en rencontres et en improvisation! La main sur le coeur, nous avons entendu (et chantonné, pour les spectateurs les plus assidus) les deux hymnes québécois et suisses.

L’arbitre, accompagnée de ses 8 assistants pour cette soirée spéciale, a décidé de débuter le match avec une improvisation mixte. C’est alors qu’un couple bien particulier, cherchant en vain le bonheur, s’est permis d’acheter une maison qui n’était pas en vente. C’est bien l’adage « l’herbe est plus belle ailleurs » qui était à l’honneur durant ces 3’30 minutes d’improvisation. Puis, les deux équipes ont eu le droit à une carte blanche qui a mené les Suisses à visiter une pyramide dans une jungle avec un chef inca fan de lunettes, tandis que les Québécois n’ont pu réconcilier ce couple dont la communication par textos était si compliquée et angoissante. C’est une mille et une nuits de plus de 10 minutes qui a permis aux joueurs de partir dans le désert, de rencontrer des Gins farfelus sur leur chameau, de prouver que l’amour peut vaincre et guider et de faire tourner en bourrique un pauvre sultan terriblement impatient de connaître la suite de l’histoire. Par la suite, deux collègues ont tué un troisième par un saut en parachute, des voisines se sont battues jusqu’au trottoir, tandis qu’un homme légèrement ahuri a tenté un entretien d’embauche avec une prof de plongée passionnée d’amour, puis un fils a préféré simuler sa mort et se faire passer pour le méchant « Lord Montenegro » plutôt que d’oser reprendre sa liberté auprès de sa mère! Pour terminer cette première mi-temps, les joueurs ont improvisé un conte éducatif pour enfants, ayant pour thème « petit mouton se cuite à la vodka ». Les deux héros se sont retrouvés avec un docteur mouton saoule qui expliquait aux jeunes boire « des choses illégales dans ta bouche » ce qui a provoqué l’hilarité du public.

Après une pause bien méritée, Madame l’arbitre a lancé un sacré défi aux improvisateurs: 8 solos de 2 minutes chacun ayant une catégorie imposée à chaque fois, le thème commun étant « l’argent ». Les Québécois ont commencé avec une Commedia del Arte dans laquelle un fou cachait son butin dans ses culottes, puis les Suisses ont proposé une clown charmante et timide cherchant à faire un cadeau à une jeune fille du public, ensuite c’est une improvisation de type Audiard qui préconisait que « dormir c’est pour les riches » qui a été proposée. La prochaine scène était une Pagnol, avec accent, d’un père triste estimant que « moi, mes chèvres, quand elles naissent, c’est ma création » dont le double sens n’a pas laissé indifférent les 1400 spectateurs et qui a valu une remontrance de l’acteur précisant que le public « n’a aucun esprit poétique! ». Le cinquième solo était de type Shakespeare sur fond de déception parentale d’un fils aimant la reine de France. Martine, la domestique, s’est plainte de sa condition et de son maître durant une Molière. La joueuse québécoise nous a réservé une très belle chanson dont le refrain était « If you want my body, you need to have money ». Pour terminer, le joueur suisse a su rebondir avec une Stand up mettant le public dans sa poche. Après ces 16 incroyables minutes d’improvisation, le match était loin d’être terminé. C’est alors que les jouteurs nous ont proposé des histoires parfois bien étranges et rigolotes, comme un vendeur d’art proposant des tableaux blancs peints en blanc, une catégorie avant-après alternant la comédie romantique et la dramatique suite à un accident de préservatif ayant mené à une naissance non désirée ainsi que deux improvisations comparées mettant en scène des familles très… étranges! Ainsi, les Québécois n’ont su comment réagir lorsque leur fille s’est fait attaquer et manger par deux cygnes fourbes et cruels, alors que les Suisses ont mis en place une technique terrible pour que leur fils perde du poids: un collier électrique! Par la suite, un joli challenge a été lancé par l’arbitre pour l’avant dernière improvisation: les joueurs ont proposé une scène, puis deux minutes après le début, Madame Piguet a donné le thème de l’improvisation. C’est donc dans un pénitencier qu’ils ont commencé et au bureau devant un patron dansant comme Micheal Jackson qu’ils ont fini. Et finalement, ce magnifique match s’est terminé par une improvisation « changement de sens » tout en joute verbale et en imagination!

C’est donc… le Québec qui a remporté ce 26ème mondial d’improvisation à Genève sur un score de 7 à 6. Les deux équipes ont fourni des spectacles variés, des improvisations drôles, construites, absurdes et surprenantes tout au long des 10 jours du mondial, ce qui n’a pas manqué durant la finale!

Bravo aux 5 équipes, les Suisses, les Québécois évidemment, mais aussi les Français, les Italiens et les Belges, qui ont permis au public de s’amuser et de s’émerveiller durant 10 soirées incroyables. C’est avec émotion que je clos ces articles en prenant la liberté de remercier aussi l’organisation, le staff et les bénévoles pour cette expérience magnifique!

A dans 4 ans!

Camille B.